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Pierre Bader : Naviguer dans la souffrance

8 septembre 2022

Aujourd’hui j’aimerais vous parler de ce qui nous arrive à tous : souffrir. Il n’y a pas un jour sans que je rencontre quelqu’un qui souffre : cette femme avec un cancer qui était assis à ma table à midi ; ces hommes et ces femmes à qui j’ai dû annoncer les décès d’un frère ou d’un ami. Il n’y a pas un jour sans que je rencontre ma propre souffrance physique ou psychique.

Les plus de 10’000 pasteurs que nous accompagnons en Asie, il n’y a pas de jours sans qu’ils vivent la persécution, le rejet, la peur et souvent les coups et la destruction de leurs biens. Cela signifie que, si je ne sais pas comment affronter la souffrance, la mienne ou celle des autres, je vais très rapidement être coincé ; je risque d’être incapable de naviguer la réalité de la souffrance ou de la mort. Et c’est un problème, parce que sur cette terre, nous allons expérimenter la souffrance.
Jésus l’a annoncé à ses disciples : “Je vous ai dit cela pour que par moi, vous ayez la paix. Dans le monde, vous allez souffrir. Mais soyez courageux : j’ai vaincu le monde. » Év. de Jean 16.33

 

Souffrant dès sa naissance – témoignage

Une de mes amies, diacre dans l’Église et qui expérimente la souffrance physique depuis sa naissance témoignait ainsi. Je vous partage ceci avec son accord :
“Je l’imagine sans peine cet endroit habité par Dieu où il règne lumière et pureté et son trône de clarté. Et pourtant dans ma vie il y a tous ces moments où il me semblait que ce trône de lumière était très loin de ma réalité… Cela se passe souvent de nuit…C’est la nuit et c’est Dieu que j’appelle. Je crie même… C’est le temps de la détresse et je cherche Dieu. Cela peut être une longue nuit d’hôpital, cela peut être la nuit après l’annonce d’une maladie ou encore celle qui suit le décès d’un proche. J’ai les mains tendues vers Dieu, je suis à bout et j’ai beau croire de toutes mes forces, je ne trouve pas le réconfort. Peut-être même que je ne le veux pas, je suis simplement envahi de tristesse et je n’ai de place que pour les larmes.
Pourtant, je me souviens de Dieu, mais plus j’y pense et plus mon esprit s’embrouille… Je n’ai même plus de mots tellement je suis troublé, juste parfois des images qui passent : ma famille réunie pour ma confirmation, moi debout récitant le verset que j’avais choisi pour ce jour-là, les cantiques que je chantais à l’église, des moments de prière intenses où la présence de Dieu ne faisait aucun doute pour moi…
Oui, mon cœur revient à ces moments-clefs de ma foi, mais c’est comme si je ne parvenais plus à faire le lien avec mon présent, comme si Dieu s’était éclipsé…

 

Des questions qu’on craigne et la réponse de Jésus

Et alors mon esprit s’interroge : Dieu va-t-il me rejeter pour toujours ? Est-ce que j’ai perdu à jamais la flamme qui faisait brûler la foi en moi ? Sa Parole s’est-elle tue pour des siècles ?
Pourquoi Dieu m’a-t-il abandonné ? Peut-être est-Il en colère contre moi, peut-être cherche-t-il à me punir ? Pourtant, je n’ai jamais rien fait de mal ! Ou alors, il a oublié de me faire grâce….et Il m’a fermé son cœur…? Est-ce que Dieu aurait … changé ? Pourquoi reste-t-il apparemment sourd à mes prières ?
Ces questions peut-être habitent certains d’entre vous aujourd’hui. Cette impression de perdre la foi, de ne plus comprendre Dieu. Tant de « Pourquoi ? » sans réponses…
Pourquoi ? C’est aussi la question des disciples après la rencontre un aveugle-né
“Ses disciples lui demandèrent : Maître, pourquoi cet homme est-il né aveugle : à cause de son propre péché ou à cause du péché de ses parents ?” Év. de Jean 9.2
Nous voulons comprendre, trouver la cause ou même trouver un responsable.
Quand on demande à Jésus “Qui a péché pour que ce pauvre homme en arrive à être aveugle ? c’est en fait parce qu’il faut trouver une cause à ma souffrance :
– Est-ce que c’est Dieu ? Tellement souvent j’entends les gens dire “pourquoi Dieu m’a-t-il envoyé ce malheur ou l’a-t-il laissé me tomber dessus ?
– Est-ce que je suis responsable de ma souffrance : trop mangé, trop fumé, pas assez pris soin de moi, etc.. et finalement cette pensée très peu charitable: si il est malade, cela doit être de sa faute !
– ou est-ce la faute des autres ?
“Jésus répondit : Ce n’est ni à cause de son péché, ni à cause du péché de ses parents. Il est aveugle pour que l’œuvre de Dieu puisse se manifester en lui.” Év. de Jean 9.3
Jésus repart de la situation sans l’expliquer ni la juger mais il utilise la situation pour rebondir.
On aurait tendance à parler de mérite : “je n’ai pas mérité cela”
Ou “Dieu n’est pas juste” Ou “ il ne m’entend pas !”

 

Du pourquoi au « pour quoi »

En fait Jésus nous propose de transformer les pourquoi (en un mot) en pour quoi (en deux mots) : qu’est-ce qui pourrait sortir de positif de cette situation ?
Il s’agit probablement de commencer par la plainte : on doit apprendre à pleurer et se lamenter. Je dois apprendre à prier mes peines et mes frustrations. Tellement de personne ont quitté la foi parce qu’ils ne savaient pas quoi faire avec leurs souffrances. La majeure partie des psaumes dans la Bible consiste à dire à Dieu nos souffrances.
Mais il faut aussi réaliser que les pourquoi peuvent être comme des plaies ouvertes : parce qu’il n’y a pas de réponse, nous finissons pas nous noyer dans ces questions.

Passer des pourquoi au pour quoi, en vue de quoi, à quoi cela va-t-il me servir, en quoi cela va-t-il permettre à « l’œuvre de Dieu de se manifester en moi »
Soyons clair : Le mal est mal! Il n’y a rien de bon dans le mal et le malheur. Et rien dans le mal n’est voulu ou aimé de notre Seigneur.
Mais cela ne rend pas le Seigneur impuissant ou inactif : dans l’histoire de cet aveugle, sa souffrance est ce qu’elle est. Et quand on essaye de l’expliquer, Jésus ne rentre pas dans cette argumentation.
Mais Jésus dit aussi que le mal n’aura pas le dernier mot. Dans les derniers phrases de la Bible, il est écrit “Il essuiera toutes les larmes de leurs yeux. La mort n’existera plus, il n’y aura plus ni deuil, ni cris, ni souffrance. Oui, le monde ancien a disparu.” Apocalypse 21.4
Alors Jésus va offrir à cet aveugle de rebondir. Il va dire ceci “Pendant qu’il fait jour, nous devons accomplir les œuvres de celui qui m’a envoyé. La nuit s’approche, où personne ne peut travailler. Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde.” Év. de Jean 9.4-5
Cet homme est dans la nuit : il est aveugle (il est toujours aveugle quand il entend ces paroles de Jésus !). Quand je souffre, il fait nuit pour moi.
Mais Jésus est ma lumière ; il est mon espérance malgré ma situation, ma joie malgré ma souffrance.

 

Jésus guéri et apporte du sens à l’existence du souffrant

Alors avant de guérir cet homme aveugle, Jésus va lui faire 2 choses surprenantes :
1ère chose : Jésus crache par terre et fait un peu de boue avec sa salive ; il frotte les yeux de l’aveugle avec cette boue. Mettre de la boue sur ses yeux pour qu’il voit : c’est super bizarre ! Même si dans antiquité, la salive est sensée guérir les maladies des yeux. Essayez de mettre quelque chose sur vos yeux : est-ce que vous voyez mieux ? non !
C’est-à-dire que Jésus lui montre clairement qu’il est aveugle en même temps qu’il prend soin de lui : il n’y a pas d’œuvre du Seigneur en nous sans d’abord et toujours passer et repasser dans notre réalité. Ne pas faire comme si je ne souffre pas, comme si je n’étais pas dans la détresse. Entendre le Seigneur nous dire sans culpabilisation ni naïveté qui nous sommes, ce qu’est notre handicap.

Et Jésus fait une 2ème chose : il dit à cet homme d’aller se laver la figure à la piscine de Siloé. — Ce nom signifie <<Envoyé>>. — L’aveugle y va, se lave la figure et, quand il revint, il voit!
“Va te laver” : tu as quelque chose à faire. Ne reste pas inactif!
“Va te laver dans l’Envoyé (c’est le nom de la piscine où Jésus lui dit d’aller)”: vous avez compris, il s’agit de s’immerger en Christ, de se plonger dans sa tendresse.
Désormais, lavé par la présence de l’Envoyé, il voit clair : mon regard est changé, mon regard est à nouveau ouvert sur d’autres perspectives. S’il n’y a même plus d’espoir pour moi, il y a toujours cette espérance. Si vous pensez qu’il n’y a plus d’espoir, il reste toujours cette espérance qui est comme une ancre, accrochée solidement dans l’amour de Dieu.
Cela change tellement la réalité que les gens auront de la peine à reconnaître celui que Jésus a guéri.

 

Naviguer la souffrance

Dans la maladie, il n’était plus lui-même : la souffrance me vole ma vraie identité : ce n’est plus vraiment mon corps, pas ma façon habituelle de réagir, pas ma vie habituelle. L’œuvre du Seigneur est de nous rendre à nous-mêmes, nous permettre de nous retrouver. “C’est bien moi, « dira cet homme ». Jésus me rend à moi-même !
J’ai besoin d’apprendre comment vivre, naviguer la souffrance… parce que malheureusement je ne vais pas y échapper. J’ai besoin de savoir comment Jésus m’accompagne et me transforme dans mes épreuves. J’ai besoin de m’immerger en lui quand je suis aveugle, nu, abandonné. Pour qu’un jour, à mon tour, ma vie reflète la gloire de sa tendresse! Permettez-moi de prier avec vous qui souffrez aujourd’hui:
Père, quand je souffre, apprends-moi: apprends-moi ta présence et ton action, apprends-moi à me plonger dans Celui que tu as envoyé, Jésus ton Fils. J’ai besoin de ta tendresse et de ton action dans ma vie. Aie pitié de moi Seigneur. Amen

Pierre Bader – Pasteur

 


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