Savoir encourager, ce n’est pas toujours évident. On recherche les meilleures paroles pour soutenir, réconforter et encourager. Cette recherche n’est pas toujours facile. Parfois, on ne sait pas ce qu’il convient de dire, ou de ne surtout pas dire. Le dialogue, parfois, se fait difficile même avec Dieu, pourtant il est bavard.

Personnellement, j’ai vécu des situations où je n’ai pas trouvé de mots, où je suis resté en silence, et finalement, c’était la meilleure chose à faire. Ou bien, je me suis emmêlé dans des mots qui n’ont rien apporté. Mais heureusement, il y a des moment où on sent venir les bonnes paroles, des mots qui apaisent, qui restaurent, qui ressourcent.
S’il y a quelqu’un qui n’est jamais à court de mots, qui ne se trompe jamais dans ses interventions, qui rejoint toujours l’objectif d’encourager, c’est bien Dieu.

Le Dieu de la Bible, celui qui parle sans arrêt et sûrement.
Par exemple : dans le premier livre de la Bible, la Genèse, Dieu parle et il crée notre planète, la Terre et tout ce qui s’y trouve. Il crée l’homme et la femme et il parle avec eux, comme un père à ses enfants, et il les bénit. Il parle personnellement avec eux pour les instruire sur la gestion de la création et sur comment ils peuvent vivre dans le bonheur. Dieu parle avec Adam et Ève après qu’ils ont choisi de désobéir, et il parle avec Caïn avant qu’il tue son frère, pour le faire désister. Mais ce n’est que le début ; vous pouvez lire la Bible de la Genèse à l’Apocalypse, du premier au dernier livre, et vous serez étonné de connaître un Dieu qui communique sans arrêt. Le Dieu de la Bible est un Dieu qui parle, on dirait qu’il est bavard. Lisez la Bible et vous verrez.

Aujourd’hui, je vous propose de réfléchir sur un récit biblique qui peut nous aider à connaître davantage le Dieu de la Bible, le Dieu qui parle, en contraste avec les dieux qui ne parlent pas. En effet, c’est là toute la différence. Est-ce que votre Dieu vous parle ? Connaissez-vous sa voix ? Ou, plutôt, avez-vous de la peine à l’entendre et à ressentir sa présence ? Et que diriez-vous quand, dans les moments plus difficiles, il est très silencieux, voire même absent ? Mais venons-en au récit biblique qui se trouve dans le livre de l’Exode, le deuxième de l’Ancien Testament, au chapitre 32.

1 Le peuple voyait que Moïse tardait à descendre de la montagne. Alors il se rassembla autour d’Aaron et lui dit: «Allons! *Fais-nous un dieu qui marche devant nous, car ce Moïse, l’homme qui nous a fait sortir d’Egypte, nous ignorons ce qu’il est devenu.» 2 Aaron leur dit: «Retirez les anneaux d’or qui pendent aux oreilles de vos femmes, de vos fils et de vos filles et apportez-les-moi.» 3 Chacun retira les anneaux d’or qui pendaient à ses oreilles et ils les apportèrent à Aaron. 4 Il les reçut de leurs mains, jeta l’or dans un moule et fit un veau en métal fondu. Ils dirent alors: *«Israël, voici ton dieu qui t’a fait sortir d’Egypte.» 5 Lorsque Aaron vit cela, il construisit un autel devant lui et s’écria: «Demain, il y aura une fête en l’honneur de l’Eternel!» 6 Le lendemain, ils se levèrent de bon matin et offrirent des holocaustes et des sacrifices de communion. *Le peuple s’assit pour manger et pour boire; puis ils se levèrent pour s’amuser. (Exode 32 : 1-6)

Le silence de Dieu et la crise spirituelle
Le peuple d’Israël venait d’être délivré de la puissance égyptienne qui l’avait opprimé pendant des siècles. A peine quelques semaines après la liberté retrouvée, Moïse gravit le Mont Sinaï car Dieu veut lui parler face à face. Là, il s’entretient avec Dieu pendant 40 jours. Pendant cette période, le peuple est frappé par une sévère crise spirituelle. Il s’interroge sur le sort de Moïse et doute qu’il soit encore en vie. Pour la première fois, le peuple n’entend pas la voix de Dieu par le biais de Moïse et par les actions extraordinaires qui ont anéanti la puissance égyptienne. Le peuple est confronté au silence de Dieu. Moïse n’est plus là: qui nous parlera de la part de Dieu ?
La crise spirituelle met en évidence la fragilité de ce peuple qui avait côtoyé les dieux muets d’Egypte, ces dieux égyptiens qui avaient été façonnés par les mains d’experts artisans donc certaines de leurs œuvres sont encore visibles aujourd’hui. Aaron, frère de Moïse, avait appris à modeler les métaux et en faire des images. C’est à lui que le peuple réclame un dieu muet qui puisse remplacer celui qui parle.
Remarquez, chers amis, que lorsque nous faisons confiance à un dieu muet, c’est nous qui lui donnons la voix et le faisons parler.
Remarquez le contraste : au chapitre 20 de l’Exode, Dieu le libérateur dit : Je suis l’Eternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir d’Egypte, de la maison d’esclavage. Tandis que face au veau d’or c’est le peuple qui dit : «Israël, voici ton dieu qui t’a fait sortir d’Egypte.»

Le Dieu de la Bible est capable de se taire, le dieu muet n’est pas capable de parler.

Le contraste est remarquable
Le Dieu qui parle est capable de se taire, le dieu muet n’est pas capable de parler. Ce récit décrit une triste page de l’histoire d’un peuple libre, car ce dernier a oublié les puissantes actions de délivrance, et il a oublié le Dieu qui parle et qui délivre. La crise d’Israël surgit dans le désert, aux pieds du mont Sinaï, dans le silence et l’attente. Malgré le fait que les israélites avaient connaissance du Dieu bavard, ils n’ont pas su rester en silence… en écoutant le silence de Dieu.

Conclusion
Chers amis, il est possible qu’une fois au l’autre, nous ayons nous aussi eu de la peine à écouter le silence de Dieu. Peut-être que, par le fort besoin d’entendre sa voix, nous en avons créé une, nous avons modelé notre veau d’or. Parfois, nous nous sommes amusés et avons fait la fête avec notre dieu muet. Parfois non. Finalement, nous avons besoin d’un Dieu qui parle, qui se révèle et qui démontre son existence. Un Dieu qui vit au-delà de nos intentions et de nos souhaits, un Dieu dont l’existence ne dépend pas de notre volonté, ni de la volonté d’autrui. Un Dieu libre, autonome et communicatif : le Dieu de la Bible.
Les premiers chrétiens en étaient convaincus. Le Dieu de la Bible est le Dieu qui parle. Dans la lettre adressée aux chrétiens juifs, l’épître aux Hébreux, il est écrit :
1 Après avoir autrefois, à de nombreuses reprises et de bien des manières, parlé à nos ancêtres par les prophètes, 2 Dieu, dans ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par le Fils. Il l’a établi héritier de toute chose et c’est par lui aussi qu’il a créé l’univers. 3 Le Fils est le reflet de sa gloire et l’expression de sa personne, il soutient tout par sa parole puissante. (Hébreux 1 : 1-2)

Par sa vie et ses actions, Jésus, le Fils de Dieu, nous parle et nous révèle le Dieu de la Bible. Il nous aide à le rencontrer.
Alors, chers amis, en attendant d’entendre la voix de Dieu, écoutez son silence et attendez la réponse qu’il a décidée pour vous.

Seigneur Jésus, merci de nous aider à ne pas interpréter le silence de Dieu et à ne pas nous construire un dieu selon nos besoins. Merci d’être la voix qui nous parle de son amour pour nous.

Pasteur Daniele Zagara
daniele@radio-r.ch

Ecouter l’intervention de Daniele Zagara dans « Célébration ».