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Claude-Eric Robert

En ces temps de crise sanitaire, Claude-Eric Robert et d’autres agriculteurs des Montagnes neuchâteloises ont décidé de « faire quelque chose pour aider les gens ». Rencontre avec un homme de terrain.

Claude-Eric Robert, être agriculteur, c’est une vocation ?
Personnellement, je le vis comme tel. Le premier métier que Dieu a donné à l’homme, c’est « cultiver et garder le jardin ». Garder, c’est veiller à la durabilité. Nous avons la  responsabilité de donner de la nourriture, mais aussi de préserver notre environnement. C’est en rapport avec la notion biblique de « donner et recevoir » : donner à la terre, à l’humus, un environnement qui n’est pas agressif (qui permette aussi à la flore, la faune de se développer), pour qu’ensuite nous puissions recevoir toutes ses richesses.

Cette année, en vue de l’après-pandémie, vous avez décidé d’augmenter les cultures maraîchères dans votre région.
« Si nous devons aider des personnes, comment va-t-on faire ? » C’est une réflexion que nous avons menée en église car nous sommes plusieurs agriculteurs dans notre communauté du Locle.  Nous avons regroupé nos machines pour planter plus de pommes-de-terre. L’un de mes amis avait eu une très belle récolte l’an dernier et nous avons trié ce qui pouvait être replanté. Nous mettrons également des carottes et pas mal de poireaux. Ce que nous faisons aussi, c’est d’inciter d’autres personnes à faire leur propre jardin, et se mettre -ou se remettre- à cultiver. Nous leur donnons des conseils. Et des graines !

La crise sanitaire ne serait-elle pas une occasion de plus pour réfléchir à notre rapport à la terre ?
Tout à fait. Ça n’a pas de sens d’aller chercher des denrées alimentaires à l’autre bout du monde. Il faut essayer de retrouver des circuits courts, des productions locales. Il faut revaloriser ce que les paysans peuvent gagner, faire un effort supplémentaire pour notre alimentation; jamais une génération n’a donné que 8% de son budget de ménage pour manger !

Avant le coronavirus, on sentait déjà que la population cherchait à s’approvisionner davantage avec des productions locales. Cela va-t-il continuer ?
J’espère que cette prise de conscience va durer au-delà de la crise sanitaire que nous traversons. Cette crise nous pousse vers un retour aux choses fondamentales, naturelles. Elle nous encourage à éviter « la poursuite du vent », comme dit l’Ecclésiaste.

Poursuivez l’écoute de Claude-Eric Robert au micro de Christine

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