La réflexion que je vous propose se porte sur l’accueil : l’accueil dans la diversité et de la diversité. On parle volontiers d’inclusion, d’acceptation, d’accueil. Bien que parfois, les paroles restent lettre morte car on se heurte à des barrières de tout type et de toute idéologie. Nous avons une grande occasion, aujourd’hui, d’aider des personnes en souffrance, de les secourir et de les soutenir. Faisons-le avec amour, sans jugement, avec bienveillance et acceptation inconditionnelle. Soyons l’arbre qui aide à dépasser les barrières imposées par la guerre, par le mépris et par l’injustice.

Quand j’étais jeune adolescent, ma sœur aînée présenta son futur époux à la famille. Mike, un jeune homme de deux mètres de haut, avec des épaules larges comme un armoire 4 saisons, et des muscles impressionnants car il avait été boxeur pendant un temps. En famille, nous étions tous très étonnés et nous avons félicité ma soeur. Le soir de la présentation, avant de passer à table, ma mère invita mon petit frère à se laver les mains. Sa réponse fut imprévisible : “non, maman, je ne veux plus me laver, plus jamais de la vie. Je veux devenir noir comme Mike”. Mais oui, chers amis, mon beau-frère est originaire du Ghana et mon petit frère n’avait pas raté cette caractéristique. À vrai dire, ma sœur avait prévenu mes parents, mais impossible de contrôler le petit de 5 ans qui, dans sa naïveté, a souhaité à Mike une bienvenue toute spéciale dans la famille.
Aujourd’hui on parle volontiers d’inclusion, d’acceptation, d’accueil. Bien que parfois, les paroles restent lettre morte car on se heurte à des barrières de tout type et de toute idéologie. Écoutez le récit de la rencontre entre Jésus et Zachée, qui nous est relaté dans l’évangile de Luc au chapitre 19, dans le Nouveau Testament.

1 Jésus était entré dans Jéricho et traversait la ville. 2 Or, un homme riche appelé Zachée, chef des collecteurs d’impôts, 3 cherchait à voir qui était Jésus, mais il n’y parvenait pas à cause de la foule, car il était de petite taille. 4 Il courut en avant et monta sur un sycomore pour voir Jésus, parce qu’il devait passer par là. 5 Lorsque Jésus fut arrivé à cet endroit, il leva les yeux, [le vit] et lui dit: «Zachée, dépêche-toi de descendre, car il faut que je m’arrête aujourd’hui chez toi.» 6 Zachée s’empressa de descendre et l’accueillit avec joie. 7 En voyant cela, tous murmuraient en disant: «Il est allé loger chez un homme pécheur. » 8 Mais Zachée, se tenant devant le Seigneur, lui dit: «Seigneur, je donne aux pauvres la moitié de mes biens et, si j’ai causé du tort à quelqu’un, je lui rends le quadruple.» 9 Alors Jésus dit à son propos: «Le salut est entré aujourd’hui dans cette maison, parce que lui aussi est un fils d’Abraham. 10 En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.»

Au service de l’ennemi
Loin de moi l’idée de comparer Zachée aux réfugiés Ukreniens qui fuient la guerre. Mais dans la rencontre avec Jésus, je trouve d’intéressants éléments de réflexion que je vous partage pour encourager une réaction adaptée. Tout d’abord, il faut remarquer que Zachée est en train de fuir ses frustrations et sa mauvaise réputation. Il est juif au service de l’ennemi, les Romains. Il collecte les impôts imposés par Rome à Israël, qui appauvrissent le peuple et qui sont considérés comme injustes. Souvent, les collecteurs d’impôts profitaient de leur position pour voler leur concitoyens. L’envie qu’a Zachée de voir Jésus se heure contre le mur de la foule, de celles et ceux qui le détestent, à juste titre. C’est vrai qu’il est petit de taille, mais c’est vrai aussi que la foule ne l’aide pas à dépasser ces limites; au contraire, elle le pénalise plus encore. Bref, Zachée ne peut pas voir Jésus sans être aidé.

L’arbre de l’accueil
L’aide prend la forme d’un arbre planté à proximité de la route, sur le trajet que doit parcourir Jésus. Zachée se précipite pour y grimper. Il se met à courir pour être bien placé à l’arrivée de Jésus. La solution lui paraît convenable : oui, depuis là-haut, il peut voir Jésus et, en même temps, il peut se cacher des regards méprisants des autres. Finalement, Jésus est au-dessous de l’arbre, tout près de Zachée. Et à cet instant, Jésus lui adresse la parole, comme s’ils étaient de vieux potes. “Allez, dépêche-toi, il faut que je vienne manger chez toi maintenant”. Incroyable. Jésus n’ignore pas la souffrance de Zachée. Il était considéré différent des autres, quelqu’un à détester, quelqu’un à ne pas aimer, quelqu’un à éviter et, surtout, quelqu’un avec qui l’on ne partage pas un repas.
Zachée n’en croit pas ses oreilles. Tout à coup, il ne voit plus de barrières entre Jésus et lui. Il obtient plus que ce qu’il espérait. Il voulait voir Jésus et voilà que, maintenant, il va l’accueillir chez lui. Il va lui préparer un bon repas, pour lui et pour ses amis, mais surtout il va déclarer vouloir changer de vie. Il a décidé de rendre 4 fois plus à ceux qu’il avait volé et de s’engager dans la solidarité et le soutien aux pauvres, aux autres, peut-être ces autres méprisés.

L’accueil inconditionnel
L’accueil inconditionnel de Jésus vis-à-vis de Zachée lui a permis d’expérimenter l’acceptation et la bienveillance. Accepter l’autre pour qu’il est, avec ses besoins et ses défauts, ses torts et ses raisons. Sans jugement. En effet, Jésus n’a prononcé aucune parole de reproche à Zachée, pour le convaincre de sa mauvaise foi et de ses abus de pouvoir. Jésus lui a simplement dit : j’ai beaucoup de plaisir à être avec toi.
L’accueil réservé à Zachée n’a pas convaincu la foule, pas tout de suite en tout cas. Après avoir reçu leur argent en retour – et même 4 fois plus-, je crois que les gens ont sûrement eu de bonnes raisons d’avoir un avis différent sur ce collecteur d’impôts. Mais d’emblée, la foule a violemment critiqué Jésus : “il va manger chez un pécheur ». La foule avait évidemment de bonnes raisons de le détester. La logique les accompagnait, la politique les soutenait. Même l’interprétation des Saintes écritures était de leur côté. Sauf Jésus. Lui, il ne s’arrête pas sur les dynamiques politiques. Faire du bien ne peut pas être une décision politique, ni religieuse, ni logique… Pour Jésus, on aime et on accueille sans aucun préjugé, sans jugement, car la seule motivation doit se trouver dans le bien de l’autre, pour lui faire du bien, pour l’aider, pour l’aimer.
À cause de la guerre en Ukraine, nous sommes sollicités pour aider des milliers de personnes, surtout des femmes et des enfants qui n’ont rien avec eux, sinon un grand chagrin et la peur d’un avenir incertain. Que pouvons-nous faire ? Comment pouvons-nous pratiquer l’accueil montré par Jésus à Zachée ?
Zachée a pu voir Jésus, croiser son regard et finalement entendre sa voix. Car, sur son chemin, il y avait un arbre. Oui, un arbre qui l’a accueilli sur ses branches et qui l’a rapproché de Jésus en dépassant les barrières de la foule et du mépris.

Chers amis, nous avons une grande occasion d’aider des personnes en souffrance, de les secourir et de les soutenir selon leurs besoins. Faisons-le avec amour, sans jugement, avec bienveillance et acceptation inconditionnelle. Soyons l’arbre qui aide à dépasser les barrières imposées par la guerre, par le mépris et par l’injustice.
Elles font écho en moi, ces paroles de Jésus, quand il annonce que ses amis seront accueillis au paradis. ‘Venez, vous qui êtes bénis par mon Père, prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la création du monde! En effet, j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire; j’étais étranger et vous m’avez accueilli; j’étais nu et vous m’avez habillé; j’étais malade et vous m’avez rendu visite; j’étais en prison et vous êtes venus vers moi.’ (Matthieu 25 : 35-36)

Je désire prier pour que ces paroles de Jésus nous animent et motivent notre solidarité:
Merci Seigneur Jésus pour ta disponibilité à nous accueillir tels que nous sommes. Tu nous as reçus par ton amour et tu nous appelles amis. Nous aussi, nous désirons par ton aide faire de même. Merci de nous aider à aider sans jugement. Amen.

Pasteur Daniele Zagara

Ici bas, pour écouter le message du pasteur Daniele Zagara