Le sujet est de grande actualité, alors qu’on discute de dirigeants qui auraient fait la fête en période de lockdown. Les restrictions sanitaires imposées à cause de la pandémie ont généré des contrariétés parfois assez violentes et qui continuent à diviser l’opinion publique. Quelqu’un de très haut placé n’a pas respecté la distanciation physique et a touché un malade en quarantaine.

Du point de vue social, on constate la montée d’un très fort esprit d’intolérance. Contre ceux qui sont pour et contre ceux qui sont contre. Un tout contre tout ?
Même dans le milieu chrétien, on remarque un mouvement qu’on pourrait définir comme une “distanciation spirituelle” qui s’alimente de nombreuses théories sur les origines, les mouvances et les pouvoirs qui se cacheraient dans la pandémie. Plusieurs experts des phénomènes sociaux affirment que l’impitoyable conséquence de la pandémie est la solitude et l’isolement. Drôle de constatation: ce qui nous sépare l’un de l’autre, c’est l’intolérance, plus que la peur de la maladie. C’est pourquoi, dans un contexte si fragile et instable, nous sommes tous responsables de comment nous partageons nos idées et de comment nous les mettons en action. Évidemment, si quelqu’un très haut placé va contre les règles, il faut bien se poser la question du pourquoi et chercher à comprendre les raisons avant d’en tirer des conclusions. Soyons sages !!!

Une autorité mondiale
Le personnage en question est une autorité mondiale. Ses enseignements influencent la vie de millions et de millions de personnes. Ses actions ont eu des répercussions sur ses adeptes, qui affirment dépendre de ses paroles. Je vous lis l’événement tel qui a été raconté par un témoin:
Lorsque Jésus fut descendu de la montagne, une grande foule le suivit. Alors un lépreux s’approcha, se prosterna devant lui et dit: «Seigneur, si tu le veux, tu peux me rendre pur.» Jésus tendit la main, le toucha et dit: «Je le veux, sois pur.» Aussitôt il fut purifié de sa lèpre. (Matthieu 1:1-3)
Mais oui, chers amis, il s’agit bien de Jésus. Il est vraiment très, très haut placé, n’est-ce pas ? Par ses actions et ses enseignements, il impacte et influence des millions de personnes, dans les siècles passés comme aujourd’hui encore.
La situation est compliquée. Un malade de la lèpre n’avait plus le droit de vivre avec des personnes saines. Dès la tombée du diagnostic, le patient a été mis en quarantaine perpétuelle. Il est resté éloigné de ses proches, de ses amis, de son lieu de travail, jusqu’à sa guérison qui était considérée comme un événement rarissime, voire impossible. Les scientifiques de l’époque n’avaient pas eu autre choix que de placer en quarantaine un patient atteint d’une maladie contagieuse et incurable. Leur décision était certifiée par les autorités religieuses qui veillaient sur l’exactitude des procédures. Le malade est donc éloigné de la communauté, exclu, exilé, abandonné. Il est déclaré “impur” c’est-à-dire “intouchable”. Une solide barrière sociale est construite pour protéger ceux qui sont en bonne santé. On prend les distances. Mais Jésus, n’aime pas les barrières et il s’en débarrasse. Quelles qu’elles soient, il les détruit, il les écrase. Son agissement n’est pas motivé par un esprit de contestation contre les autorités, ni par un diagnostic. Jésus agit pour la guérison. C’est pourquoi il ignore toutes les dispositions avec le seul et unique but de faire du bien. En effet, Jésus rend pur l’impur. On pourrait imaginer un flux d’énergie qui sort de Jésus et qui rejoint le malade via le contact physique établi.

L’intouchable est touché pour le rendre à nouveau “touchable”.
Le geste de Jésus fait retrouver à cet homme son ancienne famille, ses amis du temps passé, une opportunité de travail, et une nouvelle vie spirituelle. Le geste de Jésus est libérateur pour le malade, mais aussi pour les gens qui croyaient être à l’abri grâce à des barrières qui, au contraire, ne faisaient que de les éloigner, les isoler du nécessiteux et d’appauvrir la communauté.
On est d’accord, chers amis, qu’il y a des barrières qui sont nécessaires et indispensables car elles ont la fonction unique de protéger. Mais il est aussi vrai qu’il y a des barrières qui doivent être démolies par un geste d’amour libérateur, qui unit pour ne plus diviser.

Devenir adulte
Par exemple, les parents qui aiment leur bébé le protègent avec des barrières autour de son lit et des grilles qui lui empêchent l’accès aux escaliers. Cette protection se rend nécessaire jusqu’à ce que l’enfant apprenne à marcher tout seul et soit capable de reconnaître certains dangers.
Ceci me fait penser aux paroles de l’apôtre Paul lorsqu’il affirme :
« Lorsque j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant; lorsque je suis devenu un homme, j’ai mis fin à ce qui était de l’enfant.
Et il conclut son argumentation sur la croissance par ces paroles : Maintenant, donc ces trois choses restent: la foi, l’espérance, l’amour; mais la plus grande des trois, c’est l’amour. (1 Corinthien 13:11-13)

Les chrétiens adultes pratiquent les gestes de foi, d’espérance et d’amour. Aujourd’hui, notre société a besoin de ces chrétiens adultes qui agissent pour unir et non pour diviser.

Seigneur Jésus, merci de nous conduire, par ton exemple ; merci de nous apprendre à nous aimer, et à aimer la diversité dans ces temps si compliqués. Seigneur Jésus, merci de nous aider à vivre et agir par la force de l’amour, en propageant espérance et confiance autour de nous. Chers amis, chères auditrices et chers auditeurs, si le covid nous sépare, l’amour de Jésus nous unit. Soyez bénis et à la prochaine.

Pasteur Daniele Zagara

Ecouter l’intervention de Daniele Zagara dans « Célébration ».