« De nombreuses paroisses évangéliques seraient à la limite de l’implosion… » « Plusieurs pasteurs auraient été enjoints à la désobéissance civile »… Au vu de ces propos relayés dans les médias à propos des Eglises évangéliques, « Un R d’Actu » a voulu en avoir le cœur net. Mercredi 3 novembre, cette émission a fait le point avec deux personnes représentatives des milieux évangéliques : Christian Kuhn et Marcel Niederhauser.

« Les termes utilisés dans les médias, principalement réformés, sont massivement exagérés, commente Christian Kuhn dans le cadre d’« Un R d’Actu » le mercredi 3 novembre. Cela fait penser à certaines accroches du « Blick » ou d’autres médias à scandale. » Le directeur du Réseau évangélique suisse (RES) n’est pas le seul à démentir ces propos catastrophistes. Marcel Niederhauser, pasteur principal du Centre évangélique Tavannes (CET), l’une des plus grandes Eglises évangéliques de Suisse romande, dément toute implosion dans sa communauté. Il souligne plutôt avoir trouvé « une solution qui permet de poursuivre la vie d’Eglise sans trop de difficultés, une solution qui permet aux membres de se rencontrer quasiment comme avant la pandémie. Donc chez nous, cela se passe plutôt bien ! » Concrètement, le CET a divisé ses locaux en 4 secteurs séparés où il est possible d’accueillir 50 personnes et d’assister au culte avec le masque. La salle principale est divisée en deux par un plexiglas, la galerie et le réfectoire ont aussi été rendus autonomes et bénéficient d’un accès indépendant.

De la créativité dans la gestion des restrictions

« J’ai été épaté de voir que les idées ne manquaient pas, ajoute Christian Kuhn. Des solutions créatives ont pu être trouvées et permettent d’éviter une « ségrégation » entre les différentes personnes participant au culte. » Certaines Eglises locales dont l’assistance au culte dominical dépasse les 50 personnes ont multiplié leurs cultes et organisé 2 voire 4 cultes par week-end. D’autres alternent les cultes avec certificat sanitaire et les cultes sans, histoire de permettre aux personnes qui ne souhaitent ni se faire vacciner, ni se faire tester de participer au service dominical. D’autres ont résolument opté pour le certificat covid et l’exigent comme condition de participation au culte.

Un assouplissement des mesures pour Noël ?

En matière d’appel à la désobéissance civile, Christian Kuhn dément : « Dans les milieux évangéliques, je n’ai pas entendu parler d’appel à la désobéissance civile depuis l’entrée en vigueur, le 13 septembre, de l’obligation du certificat covid pour tout rassemblement de plus de 50 personnes. J’ai entendu parler de cela en Allemagne et en France, mais pas en Suisse romande, pour l’instant en tout cas. » Echo comparable du côté de Tavannes avec le pasteur Marcel Niederhauser : « Nous n’avons jamais pensé faire autrement que ce qui était demandé par les autorités ! » souligne-t-il. Le responsable du CET va même plus loin en relevant que la situation actuelle convient bien à son Eglise. « Les membres de notre communauté sont reconnaissants. Ils nous ont même applaudis lorsque, pour la première fois, nous avons célébré notre culte en quatre secteurs séparés ! »

Du côté du Réseau évangélique suisse, Christian Kuhn, bien conscient de l’augmentation actuelle des personnes contaminées, verrait d’un bon œil un assouplissement des mesures pour la période de Noël. « Si l’OFSP relevait pour les fêtes la limite des participants aux rassemblements religieux à 100 personnes, ce ne serait plus 64 pour cent des Eglises évangéliques qui seraient touchées par cette restriction, mais plus que 25 pour cent. »

Serge Carrel

L’article de Protestinfo : « Vaccin et certificat Covid divisent les paroisses évangéliques »

Ecouter l’interview de Christian Kuhn et Marcel Niederhauser :