Nos questions, nos incompréhensions, nos doutes… nous devons les prendre en compte et les affronter. Affronter nos questions sur Dieu, sur la vie, sur la Bible. Les choses que nous ne comprenons pas concernant la foi. Avec un cœur droit, qui a confiance en Dieu, on peut oser poser des questions. Même celles qui dérangent.

Aujourd’hui ce que j’ai à partager va peut-être vous surprendre… J’aimerais faire l’éloge du doute !!! En général, on a plutôt tendance à chasser le doute, ou à l’écarter… à faire semblant qu’il n’existe pas… à l’étouffer… on a plutôt honte… mais aujourd’hui je vous propose plutôt de lui faire face, de l’affronter. Tout d’abord, on pourrait dire qu’il y a deux sortes de doutes :
– Le doute qui soupçonne qui n’a pas confiance : Scepticisme, suspicion, méfiance, défiance sont le contraire de la foi, de la confiance.
– Le doute qui est hésiter, être dans l’incertitude : L’incertitude vis-à-vis d’une question, d’une situation, du comportement à adopter. Hésiter, être perplexe, se poser des questions.

Il faut croire pour comprendre, mais il faut comprendre pour croire

Ce doute-là : se poser des questions est un bon doute ! St-Augustin, déjà au quatrième siècle, a dit : il faut croire pour comprendre, mais il faut comprendre pour croire. Nos questions, nos incompréhensions, nos doutes… nous devons les prendre en compte et les affronter. Affronter nos questions sur Dieu, sur la vie, sur la Bible. Les choses que nous ne comprenons pas concernant la foi. Avec un cœur droit, qui a confiance en Dieu, on peut oser poser des questions. Même celles qui dérangent. Il ne faut pas avoir peur d’être déloyal envers Dieu. Dieu est assez grand pour nous répondre !
Nous allons alors cheminer avec Dieu, en lui parlant (ce qui signifie prier), en lisant la Bible, en réfléchissant. Lorsque nous aurons compris, lorsque Dieu nous aura éclairé, nous serons plus fort. Notre foi aura plus de sens encore. La Bible nous encourage énormément à ce cheminement, elle nous encourage à réfléchir. Elle appelle cela méditer.

Méditer est un cheminement pendant lequel on utilise notre intelligence.

Méditer : Le mot hébreu utilisé dans la Bible pour dire méditer est utilisé dans de nombreux versets, avec un sens élargi. Ce mot est utilisé pour :
– Gémir (des humains qui gémissent), pousser des cris = la méditation ça peut être douloureux, car elle touche les questions profondes
– Rugir, gronder (lion), grogner = la méditation peut soulever des questions qui nous révoltent
– Tramer, comploter = dans la méditation, peut-être parfois veut-on marchander avec Dieu ?
– Concevoir, combiner, imaginer = la méditation ne nous donne pas des réponses toutes faites, on réfléchit, on fait des hypothèses
– Roucouler (colombe), murmurer, grommeler, marmonner, émettre un son inarticulé = lorsqu’on médite, les idées progressent, elles ne sont pas toujours claires
– Proférer, parler, prononcer = au final, la méditation nous amène à avoir des idées claires que l’on peut exprimer.

Méditer est un cheminement pendant lequel on utilise notre intelligence.
La foi n’est pas hors de la raison, elle demande un pas vers l’inconnu c’est sûr, mais elle n’est pas totalement abstraite et incompréhensible. De nombreux versets nous en parlent : Prov 2.10-12 : … La réflexion veillera sur toi, L’intelligence te gardera… 1 Thess 5.20-21 : Examinez toutes choses ; retenez ce qui est bon… 1 Jean 5.20 : Le Fils de Dieu … nous a donné l’intelligence pour connaître le Dieu véritable.

L’exemple de Jésus

Parfois, on peut être très sûr de soi, en disant « c’est écrit dans la Bible » ! Ou alors on essaie de nous forcer à croire sans nous laisser cheminer parce que, justement : « c’est écrit dans la Bible ». J’aime beaucoup l’exemple de Jésus sur ce sujet. Dans trois évangiles, on peut lire le récit des tentations de Jésus. Jésus vient de se faire baptiser par Jean dans le Jourdain. Là le St-Esprit est venu depuis le ciel sur Lui et Dieu le Père l’a appelé son Fils bien-aimé. Juste ensuite, l’ennemi, le diable, l’adversaire, remet en question que Jésus soit le Fils de Dieu, il insère le mot « si »…. Il insère le doute !!! Si tu es le Fils de Dieu. En grec c’est encore plus fort, il y a deux si : « Εἰ υἱὸς εἶ τοῦ θεοῦ » : « si tu es fils si tu es de Dieu ». Dans les trois tentations, il met le doute que Jésus soit vraiment l’envoyé de Dieu ; Dieu devenu humain. Mais comment est-ce que Jésus réagit ? Comment Jésus affronte-t-il les tentations, le doute ? D’abord il faut mentionner son attitude. Il vient d’être rempli de l’Esprit et il est conduit par l’Esprit à travers le désert… On peut dire que c’est Dieu qui l’amène à confronter ce doute ! Ces questionnements, ces mises en doute, ces recherches que nous avons, lorsqu’ils viennent d’un cœur qui n’est pas rebelle envers Dieu, sont même voulus par Dieu lui-même, pour que nous comprenions, pour que nous allions plus loin, pour que nous puissions cheminer et finalement partager aussi aux autres de manière concrète pourquoi nous croyons telle ou telle chose.
Donc, on peut se poser des questions qui nous mettent en doute tout en étant rempli du St-Esprit.

Mais comment est-ce que Jésus gère son cheminement par rapport au doute, concrètement ?

Il répond par une parole de la Bible. Il répond à son adversaire : Il est écrit. Son cœur, son être intérieur est rempli du trésor de la Bible, de la Parole de Dieu, lue jour après jour. Se nourrir de la Bible est indispensable. Nous comprenons quelque chose dans un sens, puis un autre jour, nous comprenons quelque chose qui complète ce que nous avons compris, etc.
Nourri de la Bible, Jésus a les ressources nécessaires pour répondre aux deux premières tentations. Mais l’ennemi est malin, alors, lors de la troisième tentation, à son tour, l’ennemi cite la Bible ! Il dit : Il est écrit (comme Jésus).

Le point essentiel

Et voici le point essentiel sur lequel je voulais arriver : Quelle est la réponse de Jésus à cette citation de la Bible ? Voilà ce que Jésus répond :
Il est aussi écrit – Il est aussi écrit ! Certains versets peuvent être cités hors de propos.
La Bible est admirable, elle est vraiment la parole de Dieu. Elle forme un tout harmonieux. Les enseignements se complètent les uns les autres. Il faut méditer, il faut cheminer, on ne peut pas asséner des choses sans réfléchir. Voici une petite histoire : On choisit cinq enfants pour un concours de devinette, ils doivent fermer les yeux et pour être bien sûr qu’ils ne voient rien on attache encore par-dessus un foulard bien opaque et bien serré. On les place en cercle autour de quelque chose. Ils devront deviner ce que c’est, juste en tâtant l’objet. Au signal, chacun se précipite sur l’objet mystérieux et annonce sa découverte : C’est un arbre dit le premier
C’est une corde dit le second. C’est un tuyau dit le troisième. C’est un morceau de cuir dit le quatrième. Le cinquième enfant, discrètement, fait le tour de l’objet et le tâte tout le tour. Il touche des troncs d’arbre, il tâte une corde, un tuyau également. Et tout ceci est rattaché par un immense morceau de cuir… C’est un éléphant annonce-t-il ! Les troncs sont des pattes, la corde est la queue, le tuyau est la trompe, le cuir est le ventre de l’animal… Il a raison. Toucher une fois ne suffit pas. Il faut en faire le tour, réfléchir, mettre les indices ensemble…

Lorsqu’on est croyant, c’est la même chose, croire qu’on a tout compris, que tout est simple sans chercher, se poser des questions, mettre en doute, est une erreur. Ou alors, imposer aux autres des idées, sans qu’ils puissent y réfléchir. Ou également, se laisser imposer des idées, pour lesquelles, au fond, nous ne sommes pas convaincus.

La Bible nous parle énormément de notre cœur, de notre être intérieur, d’être vrai, d’avoir un cœur entier. Pour cela, il faut affronter nos questions, nos doutes et cheminer avec Dieu, avec son Esprit en nous et avec sa parole. D’ailleurs, cette importance du cœur, de l’être intérieur, nous oblige à respecter aussi ceux qui ne pensent pas comme nous. Avons-nous des racines solides, plongées dans la Parole de Dieu, pour pouvoir dire il est écrit, mais il est aussi écrit ? Avons-nous la simplicité de poser à Dieu nos questions et d’affronter nos doutes ? N’ayez pas peur de le faire. Il va vous répondre. IL EST DIEU ! Ensemble, méditons, réfléchissons, cheminons avec Lui.



Christine Ziehli est mariée avec Philippe depuis trente-trois ans, ils ont quatre enfants et même une petite-fille. Christine a principalement pris soin de sa famille pendant une vingtaine d’années. A l’âge de quarante-six ans, elle a repris les études à mi-temps, pour obtenir, après sept ans, un bachelor en théologie à la HET-PRO à St-Légier. Elle aime les moments de qualité avec ses proches et ses amis, découvrir de nouvelles personnes et de nouveaux endroits, la lecture, le vélo, la montagne et tout particulièrement creuser la Bible pour découvrir des perles à partager. Elle a été interpellée par le fait que, tout en étant respectueux envers Dieu, on a le droit de lui poser les questions qui dérangent et confronter avec lui nos doutes. Elle a trouvé dans la Bible que Dieu aime ce « dialogue vrai » avec nous.